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Un CD-ROM contenant des images de violences sexuelles contre des enfants, récupéré après la découverte à Zandvoort (Pays-Bas), recenserait plus de 8 000 photos extraites des ordinateurs d’un Allemand, Guy Ulrich (Ulrich Guy), qui habitait à Zandvoort et commercialisait discrètement ces images sur internet. Peu après la découverte, Ulrich est assassiné en Italie. L’homme qui a récupéré le CD-ROM s’appelle Marcel Verllozem/Verhoeven (Marcel Verflossen/Verllofsem selon les passages), un citoyen belge à la tête d’une petite association. Son association, Morchoven, fondée depuis les années 80 et active sur la maltraitance et les disparitions d’enfants, dit lutter contre des réseaux pédocriminels.
Marcel explique qu’il n’agit pas en “flic” ni en “privé”, mais qu’il a cherché pendant des mois des pédocriminels qu’il file et photographie, en s’appuyant sur des preuves. Sa traque révèle l’existence d’une commercialisation d’images et de violences, avec un modèle de distribution et des prix indiqués : selon les passages, le “soft” à 250 euros et le “dur” à 450 euros. Des disparitions sont citées, notamment celle de Manuel Schadwal, disparu à Berlin le 27 juillet 1993 à 12 ans. À la demande de sa famille, Marcel suit la piste et enquête sur des activités pédosexuelles liées à une clientèle de bars de nuit. Le réseau prend forme autour de plusieurs bars à Berlin, dont trois bars cités : Pinocchio, Tabasco et Dashka.
Marcel met la main sur une cassette intitulée “Mader”, tournée au Portugal. Il y filme des activités de trois pédos criminels, dont un Belge et un Hollandais, qui racolent de jeunes garçons sur une plage avant de filmer des actes sexuels dans des chambres d’hôtel. Marcel la remet à la police portugaise, ce qui mène à des arrestations au Portugal en 1997 ainsi qu’en Belgique. Sur un passage tourné en Allemagne, Marcel reconnaît Manuel, ce qui conduit à Robby van der Planken (Robbie), décrit comme une ancienne victime devenue “rabatteur”. Robby est rencontré à Amsterdam en compagnie de José Desar (journaliste de la RTBF) et la rencontre est filmée. Robby évoque un âge minimum qu’il aurait fixé pour éviter des problèmes avec la police des mœurs. Il parle aussi de films “hard” et de la logique d’offre et de demande : les risques seraient supportés par des vendeurs si le marché est suffisamment important, avec des sommes pouvant dépasser un million.
Marcel relie ensuite Manuel à Robby, et Robby aurait le nom associé à la diffusion des images sur internet. Marcel se rend à Zandvoort et rencontre Ulrich le 11 juin 1998 dans son appartement, présenté comme luxueux et moderne, avec huit ordinateurs contenant de la “pédoporno”. Ulrich refuse d’appeler la police et donne un sédatif en disant qu’il faut retrouver “Manuela”. L’appartement d’Ulrich est présenté comme un centre : des ordinateurs jamais éteints, des virements vers un compte nommé “Apollo” (du voilier d’Ulrich), avec tournage de viols de mineurs. Marcel affirme que, sous le plancher, il retrouve des vêtements d’enfants et des centaines de milliers d’images sur des CD-ROM.
Marcel ne retrouverait pas Manuel sur les CD-ROM, mais découvrirait des milliers de photos d’enfants violés et torturés. En Hollande, il remet le premier CD-ROM à la police néerlandaise, qui en tirerait un fichier de portraits. Il rentre ensuite en Belgique, fait une copie pour son association, puis remet un autre exemplaire à la police belge. La Belgique, au même moment, serait déjà traumatisée par d’autres événements criminels majeurs liés à l’affaire Dutroux : Sabine et Laetitia, séquestrées et violées, et d’autres victimes dont les corps seraient retrouvés après des aveux et perquisitions, avec la découverte de nombreuses cassettes vidéo saisies et non exploitées.
En Belgique après 1996, l’idée de “réseau” serait contestée dans l’opinion, opposant “croyants” et “non-croyants”. Dans ce contexte, le CD-ROM de Zandvoort réapparaît en France : en 1999, Serge Gare aurait obtenu un fichier papier établi à partir du CD-ROM, validé par des vérifications sur trois mois. En février 2000, L’Humanité publie un dossier avec environ 472 photos projetées à grande échelle. Ensuite, Le Figaro consacre des pages au sujet, décrivant une criminalité organisée autour de la pédocriminalité. Le substitut des mineurs à Paris, Yvon Thaléch, évoque des photographies avec l’accord des parents et des photos anciennes remontant aux années 1970 ou 1980, et minimise en France la portée en indiquant que de nombreux enfants ne seraient pas français.
Le téléphone sonnerait après publication : des personnes demandent à consulter le fichier, craignant que des enfants soient disparus ou victimes de violences sexuelles. Des reconnaissances auraient lieu : un pédiatre (Dr Spitz) reconnaît des enfants, et au total 81 mineurs seraient reconnus par des proches. Toutefois, les autorités classeraient ces reconnaissances comme des “erreurs” et une série de non-lieux serait évoquée, sur l’idée de “sosies”. En 2003, l’affaire serait enterrée, puis en 2004 commence le procès de Marc Dutroux. La thèse d’un réseau serait discutée : les parents déplorent que la thèse du réseau soit écartée, tandis que Michel Nihoul, présenté comme organisateur de “parties fines”, serait reconnu coupable d’être chef d’une association de malfaiteurs active pour trafic de drogue et d’êtres humains, mais acquitté pour les enlèvements d’enfants.
Marcel Verhoeven/Verllozem serait finalement condamné en Belgique en février 2008 à trois ans et demi de prison pour des viols d’enfants et, “ironie de l’histoire”, pour détention d’images pornographiques. Il ne pourrait pas contacter la presse, mais passerait des appels depuis sa prison, indiquant que ses ennuis seraient liés à l’affaire Zandvoort. Le récit conclut que le dossier Zandvoort aboutirait à un non-lieu global et que l’unique condamné serait présenté comme Marcel Verhoeven.